Retour aux sources

J’aime bien revenir en arrière de temps à autres. Non pas que le matériel moderne ne me convienne,  mais je trouve que les moulinets et les cannes actuelles manquent d’âme et de vie. Ce sont les objets froids, ternes, au design des plus épuré. Du carbone, de l’aluminium, du titane et de l’époxy, il ne reste que du minéral et de la chimie.

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Alors je me suis intéressé aux moulinet pouvant s’accorder avec les refendues bien vivantes qui ne supportent pas l’équilibre des Danielsson ou autres Ross…

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Ils brillent, vibres, chantent même si leurs sons semblent ceux de vielles machines à vapeur comparée aux avions actuels.Je ne vais pas ici plagier les historiens du matériel de pêche pour conter la fabrication de ces objets, mais juste le plaisir que j’ai à prendre une truites avec ce genre de matériel.

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Lorsqu’on fouette, on sent tout le poids de la canne qui bascule en avant et celui du moulinet qui ramène la canne en arrière. Chaque fois que je tire sur la soie, elle sort avec raideur, dans un bruit métallique du ressort d’horloger qui se tend.  Lorsque j’appuie sur poignée, elle rentre vivement sans peine.

 

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Mais voilà, quand le combat s’annonce à peine une pression du petit doigt sur la poignée et la soie se tend, le contact se fait avec le poisson, le bambou plie avec délicatesse sur chaque coup de tête. L’ensemble accompagne les envies des belles qui cherchent à fuir à toutes nageoires. Et puis avec la même efficacité que le carbone, la truite vient à l’épuisette mais la différence est là, ce n’est ni la précision du frein ni la raideur ni la puissance ou la précision de la canne qui ont fait tout le travail et ont ramené le poisson. Le rôle du pêcheur a été un peu plus important et le plaisir n’en ai que plus intense.

Enfin, une photo, ou ces objets retrouvent toute leur esthétique. Une truite à côté des mouches de mai du parabolic automatic ou des phryganes de “l’abeille” et des belles calligraphies d’une PPP …

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