Le long mois de mars

Bien long ce mois de Mars qui se termine aujourd’hui, 3 petites sorties dans des conditions froides et humides à l’ouverture, une truite, une seule  venue à l’épuisette. Quelle tristesse!

Mais depuis c’est pire, que d’eau!

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Les niveaux montent encore et encore depuis que j’ai pris cette image sur vigicrue

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Le Gijou est à 1 mètre et le Dadou à 0,60m ce qui rend bien évidement la pêche impossible sauf pour les “tocqueurs” armés de chevrotines en guise de plomb.

Je patiente donc devant mon étau en rêvant de mouches de mai et autres ecdyo qui sortent au coup du soir. Aux premiers gobages du mois d’Avril sur les sedges, aux frondaisons d’où descendent les perles et aux émergences de baetis qui font bouillonner l’eau.

Les beaux jours arrivent, patience…

Premiers frissons.

A peine arrivé au bord de l’eau, les rêves de soleil qui percent à travers les branches ont disparus. L’autan amène un voile de nuage imperméable aux rayons et son souffle me rappelle que l’hiver est encore là.  Je me décide quand même à nouer une petite mouche grise au bout de ma pointe tout en scrutant  désespérément le lisse devant moi.P3190017

Un rond apparaît dans un bruit de clapotis contre le rocher. La chance serait-elle avec moi? Les sedges sont collés aux branches et très peu se risquent à affronter le vent. Aller, je me lance, mais l’eau est haute et arrive trop rapidement au dessus de la taille, ça va être difficile. Elle est encore froide et s’infiltre sans peine dans les waders qui ont subis les assauts des ronces l’an passé.

La soie se déploie pour la première fois dans les anneaux le long du bambou, avec douceur et légèreté. Que cela fait plaisir et réchauffe l’âme…

Un second rond vient interrompre le silence mais encore un fois sans suite, les belles sont plaquées au fond et rien ne semble propice à les décider.

Je prospecte les bordures espérant un signe, un indice. Le sedge que j’ai noué contourne les branches et les pierres sans effet, jusqu’à ce bruit qui vient me tirer de mes pensées. Trop tard, elle est déjà repartie dans les profondeurs.sortie dadou (2)

J’avance encore, j’observe cette nature qui se réveille lentement mais il est déjà 17h et le froid se fait plus mordant. J’ai attendu devant le lisse mais seuls les ragondins sont reparus.

sortie dadou (1)

Il y aura des jours meilleurs, très bientôt et j’en frissonne déjà.

8 nuances de gris…

Je m’y vois déjà, les rayons les plus chauds de cette après-midi de mars percent les branches et transpercent l’eau claire de ce grand lisse. Les truites sont là et percent à peine le surface pour cueillir les petits éphémères gris sombre qui effleurent le miroir.

Dans ces conditions, il faut de la légèreté et de la finesse et jouer sur les nuances de gris.

Pour ces conditions précoces, je réalise un modèle basé sur du coq limousin gris et du CDC naturel et je décline le corps et l’abdomen en fonction des envies du moment.

Sur un hameçon de 14 ou 16 enrouler la soie de montage noire jusqu’à la courbure puis fixer les fibres de coq limousin gris

mouche 1

Fixer le matériau pour réaliser le corps, tinsel argent, quill de paon naturel ébarbé, substitut de condor naturel.

mouche 2

Recouvrir la hampe de soie de montage, arrêter de 1 à 2 mm avant l’œillet puis cercler avec le matériau choisi. Fixer une ou deux plumes de CDC gris naturel, pointe vers l’avant.

mouche 3

 

Pour faire les pattes, là aussi je change en fonction des envies, de l’oreille de chevreuil twistée, des poils de lapins sauvages twistés ou un hackle gris foncé. J’enroule à l’arrière du CDC.

mouches 4 bisJe fixe la dubbing loop en avant du CDC  et je fait la tête en rabattant l’ensemble vers l’arrière.

mouche 6Mouche fin

Il reste à bruler les fibres qui dépassent,  faire le nœud final, une goute de vernis.

 

mouches

Il est possible de combiner ces 8 matériaux de diverses façons mais quel que soit le modèle au bout de ma pointe dans 15 jours, je sais qu’il imite très bien ce petit éphémère discret de l’ouverture.