Matinal mais pas trop.

En ce Dimanche matin, impossible de dormir. Non pas que le lit ne soit pas confortable mais la chaleur irrespirable accumulée dans la journée ne s’est pas dissipée et , ajouté à cela, une soirée un peu trop arrosée… Les yeux grand ouverts, je regarde l’heure tourner, il est 8h, autant aller prendre l’air au bord de la rivière. L’eau ne peut être que salvatrice.

Il est presque 9h quand je me retrouve garé, essayant d’enfiler péniblement le bas de lignes dans ces anneaux décidément trop petits, sans parler de l’œillet de cette mouche quasi invisible. La descente, normalement agréable me semble périlleuse, l’équilibre n’est pas toujours parfait mais j’arrive dans cette grande anse, un parcours d’un bon km très ombragé. Mon seul espoir de voir quelques gobages.

Le premier poste, le plus beau, est un long rocher  juste en amont d’une énorme chaussée démolie. Un grand courant profond s’obstine à user le schiste solide à cet endroit. Malgré mon retard, les truites sont encore là, les premiers ronds sur le sable au fond du courant sont bruyants. Deux petites pour s’entrainer, mais ce matin  impossible de rendre cette soie docile, elle drague sans modération.

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Un peu plus haut, la roche fait un cap dans la rivières, 3 truites sont postées de part et d’autre. La première, n’est pas encore sous les frondaisons, un posé et pendue. Deux ou trois chandelles et photos, ça va déjà mieux.  Les autres sont plus haut sous les branches, mais la précision n’est pas satisfaisante et la sanction immédiate, la branche ne cèdera pas…

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La tête du courant est occupée aussi par 3 poissons plus accessibles. Quelques passages et une se décide, un joli rush vers l’amont, elle me cale la seconde… Un beau combat donc puis direction l’épuisette.Enfin, je vais tenter la dernière, contre l’arbre mort qui est là depuis toujours, presque totalement noyé dans le sens du courant. La truite semble belle, après deux ou trois posés médiocres, la mouche file dans la veine: Pendue! Un appuis franc vers le fond, je bride la belle pour l’empêcher d’aller sous l’arbre et après quelques secondes, les coups de tête cessent. J’avance vers l’arbre mais je ne suis plus que pendu à une branche noyée.

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Une bonne heure est déjà passée, je remonte tranquillement la rivière mais la chaleur est de plus en plus présente. Seuls quelques gobages sporadiques sur le reste du parcours. Je suis rassuré car ce secteur ne m’avait pas fait si belle impression depuis plusieurs années. Le temps de profiter des rayons qui percent maintenant vivement les feuilles de châtaignés.

Il est presque 11h, et je n’ai pas vu le temps passer.

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