Ça n’en finira donc jamais…

Difficile de décrire ma tristesse en voyant cette rivière encore une fois retournée à presque rien après l’avoir vue renaitre.

Le Dadou, dans sa partie aval coule dans les gorges de schistes et de quartzites aussi dures qu’anciennes. Difficile de s’imaginer les millions d’années qu’il a fallu pour qu’il creuse aussi profond cette portion de vallée encore majoritairement inaccessible.

Le barrage de Razisse est d’abord venu s’appuyer sur la première barre rocheuse et noyer la vallée en amont sur plusieurs kilomètres, puis l’exploitation du fluor a achevé en quelques années les poissons du barrage et de la rivière de part et d’autre du lac.

Et puis, l’exploitation du fluor a cessé, il fallait aller toujours plus (trop) profond, et malgré le lessivage en surface, la qualité de l’eau s’est améliorée. Il a fallu  6 ans pour voir les truites recoloniser les parties les plus avals avec des populations en augmentation constante.

Alors c’était avec plaisir que je suis retourné cette semaine voir ce qu’il en était. Mais voilà les millions d’euros de travaux effectués sur la digue du barrage n’ont pas épargnés la rivière. Le fond est totalement colmaté, de nombreuses algues peu engageantes recouvrent les cailloux, le rivière est redevenue sale. Mais plus grave les poissons semblent avoir presque tous disparus. Les niveaux m’auraient encore l’an dernier permis de prendre une 15 aine de truites mais là une seule petite de vue malgré les conditions idéales.

Alors pas de photo de cette triste situation, inutile ici mais ce sont une sans doute 5 ou 6 km de rivière qui ont été touchés.

Une pêche électrique est déjà prévue en juin, reste à voir ce que nous pouvons engager comme démarche avec l’AAPPMA.

Voilà deux photos, la rivière l’an dernier et une belle truite qui y vivait.

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Seul au monde.

Il est une vallée, d’où le bruit, les machines, les habitations,  la civilisation semblent (presque) absents.  Un pont sur lequel passe une départementale tortueuse, 2 ou 3 maisons et puis plus rien ou presque, sur des km. Aucune route, des bois, quelques champs à peine entretenus. L’agriculture moderne ne supporte pas ces parcelles étroites enclavées entre la rivière et les pentes boisés.

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Les traces des vies passées sont encore visibles, de rudes hommes ont extrait ici le fer, ont bâti des chaussés avec de lourdes pierres, ont domptés les eaux pour préserver les maigres prairies. Tout cela est bien loin aujourd’hui, enseveli par les chênes et les ronces, effondré, abandonné. Seule la rivière a tiré profit du temps qui passe. Une eau claire circule paisiblement entre les dalles schisteuses et les blocs de quartz sur lesquels poussent les osmondes royales, parfois sous les aulnes et les tilleuls, parfois sous les rayons doux du soleil de Mai.

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C’est toujours avec le même plaisir que je vais passer une après-midi là où le temps semble s’être presque arrêté. Les insectes ne sont pas très nombreux mais peu importe ici, le pays est rude, il suffit de faire passer le palmer, le sedge ou l’araignée dans le courant ou contre le rocher. Il disparaît dans un éclat vif, sans même avoir le temps de voir la truite.

La reprise est difficile, les premières sont toutes ratées, trop habitué aux gobages gras des grandes rivières. Mais après quelques jurons, le rythme est de retour.

Elles sont d’un brun clair au soleil, grises à l’ombre, zébrées dans les courants et noires devant les rochers mousseux.

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Non, ce ne sont pas des poissons d’exception, pas de combat qui fait dévaler la rivière, pas de moulinet qui chante, mais l’essentiel est-il là?

A chaque fois ou presque, un coup de ligne difficile, entre les branches, les ronces, les rochers, à chaque fois un gobage inattendu, qui surprend et fait quand même battre le cœur, et enfin, le bonheur de voir une truite aux couleurs vives, rouge profond, blanc intense et noir pur.

Et puis de temps à autre, la rivière joue à me surprendre, des milliers d’années pour creuser ce schiste en une belle voûte qui s’est transformée en un mur végétal.

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Au bas, quelques osmondes fragiles captent la lumière. Puis, sur la paroi verticale, chaque faiblesse de la roche déformée est occupée par des lichens, des mousses des fougères et quelques autres plantes dont la nature m’échappe. Même le cincle est venu y faire son nid.

 

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Les quelques heures de pêche passent toujours trop vite dans ces lieux où je ne fais qu’une infime partie du parcours. Autant contemplatif que pêcheur mais l’essentiel est là. Quand je rentre, je suis apaisé, rassuré de voir que la nature est encore belle malgré tout… Un peu comme si pendant une après-midi j’étais seul au monde.

Distraction hivernale.

Voilà deux ans que nous avons crée notre association dans le but de gérer un petit réservoir communal (environ 1 ha)!

Faire découvrir la pêche et amuser du monde, voilà ce qui a été notre but, mais aussi pour pêcher de septembre à mars en No-kill à la mouche.P2170003

Les anciens, les enfants et les pêcheurs qui préfèrent l’apéro aux truites se retrouvent une fois par moi, le samedi, pour une matinée grillade/pêche. Mais une fois cette “agitation” passée, le lac retrouve son calme, ses eaux redeviennent froides et claires.OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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Il est l’heure le lâcher de braves Arc-en-ciel dont leur taille et leur combativité nous assurent des bien beaux combats! Une distraction hivernale bien agréable!

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Bien évidement, tout n’est pas rose comme les grosses A.E.C, il y a les cormorans, l’hiver qui pêchent plus que leur dû, quelques bracos ou personnes mal intentionnées qui abusent de la ressource et certains décideurs qui ne voient pas l’intérêt d’un tel réservoir.

Si l’envie vous prend de venir vous distraire pendant le long hiver, n’hésitez pas:

Lac de la Broussoinié, géré par l’association ” lo Pesca-fin”

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Commune de St pierre de Trivisy dans le Tarn.

A bientôt sans doute.