Mais pourquoi?

Je me demande souvent, mais pourquoi tu en achètes encore un, tu en ais au moins à 3 par canne à pêche, tu ne sais même pas lequel utiliser au moment de le choisir au fond du sac. Et puis un frein ultra précis, surpuissant, facile à régler pendant le combat, mais tu ne pêches pas les ruisseaux de Nouvelle Zélande, ce sont ceux du Tarn! La plus grosse truite peine à dépasser les 30cm et sa meilleure cache n’est même pas à plus de 3m. Et puis le poids, ça fait quoi quelques grammes de moins? Ou de plus? Quand tu passes demie heure au bord de l’eau, à attendre “le” gobage, sans pêcher, juste à regarder ça change pas grand chose les quelques grammes. Une bobine de grand diamètre, tout ça pour mouliner plus vite, ou même une démultiplié ou un semi-auto, pour pêcher à 10m maximum… La soie tient largement dans les mains! Et puis un bon vieux moulinet en plastic, il peut cogner les rochers quartziques, suffisamment dur pour supporter des millions d’années dans la rivière, sans avoir à trop le plaindre.

tous

Mais bon, toutes ces très bonnes raisons semblent bien futiles quand on est passionné au delà de toute rationalité, la raison n’existe plus.

Alors pour combler ce désir un peu fou, je cherche ce qui me semble beau dans les moulinets de pêche à la mouche, et voilà où ça m’a mené pour l’instant:

J’ai d’abord “craqué” pour les F3W de chez Danielson, un design très réussi, sobre et moderne, mais surtout une qualité en action de pêche irréprochable dans toutes les situations pour un moulinet manuel.

 

f3w

Puis, attiré par les cannes en refendu, je me suis mis à la recherche de moulinets “vintages” pour les accorder.

PM1Et c’est sans doute avec le parabolic automatic que tout à commencé vraiment. Les mouches de mai gravées lui donne un style inimitable

 

abeille

Tout comme son descendant avec les phryganes, gravées jusqu’à la finesse des nervures sur les ailes.

 

 

cordelEnfin pour achever la trilogie, le dernier “cordel’ made in France, l’automatique de référence encore très agréable en action de pêche et à l’esthétique sobre, juste une belle écriture au dos.

pm superpJ’ai réussi à compléter cette collection des classiques par un superparabolic “made in England” à partir du Marquis #6 avec l’arrière ajouré.

Là aussi, de belles écritures gravée mais surtout un savoir faire et une qualité irréprochable de la maison Hardy

 

L’intérêt est aussi de pêcher avec tout les styles de moulinets, alors dans les semi-auto au style artisanal, j’ai réussi à trouver un Patson. Fabriqué artisanalement en France, ce moulinet allie esthétique soignée et système ingénieux de frein, ainsi que la présence de manivelles sur la bobine pour un meilleur confort de pêche. Les gravures sur le bâtit rappellent celles des “classiques”.patson 1

patson2

Dans un autre style, Le comet de JMC est très réussi. tous2

Il s’adapte aussi bien sur une bambou que sur les cannes modernes pour les grandes rivières et bien qu’il ai quelques années, sont esthétique n’a pas pris une ride.

 

 

 

AThEnfin, le dernier que je voulais présenter est un ATH remco 1000, version danoise.

indéniablement, la qualité est encore un cran au dessus de tout les autres.Un design moderne, aérien, reconnaissable entre mille, mais surtout une qualité inégalée des matériaux. Chaque partie est colorée dans la masse, chaque pièce est soignée avec une grande précision.

Je ne l’ai pas encore essayé en action de pêche mais il est léger, avec un frein très doux et progressif.

remcoremco2

 

 

 

 

Voilà un petit passage en revue des moulinets pour la pêche à la mouche, ils ont passé l’hiver dans la vitrine mais encore 3 semaines de patience et ils retrouveront les eaux du Massif central.

Que c’est beau!

Le hasard fait parfois bien les choses, et les sites de vente en ligne aident bien les choses. J’ai donc pu m’offrir deux cannes en bambou refendu de grande classe.

Copie de Brunner type Orbigo (12)     Copie de Brunner type Orbigo (15)

Walter Brunner nous a quitté en 2007 mais ses œuvres sont indémodables. Au total, environ 3000 cannes sont sorties de son atelier dont les principales sont listées ci-dessous:

1972-1997 série”Wildwasser”

types:
“Cheri”, 185cm, #5
“Gebetsroither Super”, 200cm, #5
“Gebetsroither”, 212cm, #6
“Traun”, 228cm, #6
“Traun Special”, 235, #5-6
________________________________________

Avant 1972, Série “Austria”
types:
“Teichl”, 220cm, #5
“Pielach”, 240cm, #4-5
“Orbigo”, 245cm, #6
________________________________________
1985 Série “Salza”
5 types dont un appelé “salza sensitive”
________________________________________

Série “Pielach”
________________________________________

Série”Amabili” avec deux types
“Amabile Exlusive”
“Fortuna”
________________________________________

Série”Thymalli”
type” Thymalli Sensitive”

 Voici une Austria type Teichl ( du nom d’un rivière autrichienne)

Brunner type teichl (3)

Brunner type teichl (9)

La canne fait 7’8 pour une soie de 5. Dès la prise en main c’est son action qui surprend. Cette action rapide (pour des refendus) qui a fait la réputation des “Brunner”. C’est assez comparable à ma GLoomis en carbone qui fait aussi 8′. Le poids n’a rien de désagréable, 115 gr, ce qui reste tout à fait correct pour ce genre de matériel.

Brunner type teichl (6)

La poignée et le porte moulinet sont en liège avec deux bagues noires pour ce dernier. Un moyen d’alléger l’ensemble car d’autre canne de cette série ont un porte moulinet en acier et font 20gr de plus. Le liège est d’excellente qualité!

 Brunner type teichl (13)    Brunner type teichl (11)

Les ligatures noires et courtes donnent un effet sobre et moderne. Tout en simplicité et précision. L’anneau de départ est en tungstène.

Brunner type teichl (10)

Les viroles sont réalisée dans un alliage avec de l’argent et du nickel. Très fines leur diamètre est quasiment l’égal de celui du blank. Elle possède deux scions numérotés.

 Brunner type teichl

L’anneau de point est aussi en tungstène mais sa forme est très différentes des anneaux modernes.

Brunner type teichl (7)

Enfin, les écritures, si je ne me trompe, 870  pour août 1970 et 186  pour le numéro de la canne.

Et la seconde, une type “Orbigo” ( la rivière Espagnole???)

Brunner type Orbigo (14)   Brunner type Orbigo (11)

 5 cm et 5 grammes de plus, à première vue pas beaucoup de différences avec la “teichl”.

Brunner type Orbigo (10)  Brunner type Orbigo (8)

La canne fabriquée en avril 1976 a des ligatures bordeaux classiques, le noir était fait sur demande spécifique, tous comme le second scion.

Brunner type Orbigo (9)     Brunner type Orbigo (5)

Enfin, même poignée, même soin dans l’esthétique des viroles et des ligatures. Il ne reste plus qu’à tester en action de pêche mais je suis déjà conquis. Promis je donnerai de leurs nouvelles.

Retour aux sources

J’aime bien revenir en arrière de temps à autres. Non pas que le matériel moderne ne me convienne,  mais je trouve que les moulinets et les cannes actuelles manquent d’âme et de vie. Ce sont les objets froids, ternes, au design des plus épuré. Du carbone, de l’aluminium, du titane et de l’époxy, il ne reste que du minéral et de la chimie.

P1120095P1120093

Alors je me suis intéressé aux moulinet pouvant s’accorder avec les refendues bien vivantes qui ne supportent pas l’équilibre des Danielsson ou autres Ross…

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Ils brillent, vibres, chantent même si leurs sons semblent ceux de vielles machines à vapeur comparée aux avions actuels.Je ne vais pas ici plagier les historiens du matériel de pêche pour conter la fabrication de ces objets, mais juste le plaisir que j’ai à prendre une truites avec ce genre de matériel.

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Lorsqu’on fouette, on sent tout le poids de la canne qui bascule en avant et celui du moulinet qui ramène la canne en arrière. Chaque fois que je tire sur la soie, elle sort avec raideur, dans un bruit métallique du ressort d’horloger qui se tend.  Lorsque j’appuie sur poignée, elle rentre vivement sans peine.

 

P1120088

 

Mais voilà, quand le combat s’annonce à peine une pression du petit doigt sur la poignée et la soie se tend, le contact se fait avec le poisson, le bambou plie avec délicatesse sur chaque coup de tête. L’ensemble accompagne les envies des belles qui cherchent à fuir à toutes nageoires. Et puis avec la même efficacité que le carbone, la truite vient à l’épuisette mais la différence est là, ce n’est ni la précision du frein ni la raideur ni la puissance ou la précision de la canne qui ont fait tout le travail et ont ramené le poisson. Le rôle du pêcheur a été un peu plus important et le plaisir n’en ai que plus intense.

Enfin, une photo, ou ces objets retrouvent toute leur esthétique. Une truite à côté des mouches de mai du parabolic automatic ou des phryganes de “l’abeille” et des belles calligraphies d’une PPP …

P1120078P1120089

Du lourd…

La Palm est un loisir très addictif, et donc quand il n’y en a plus, il en faut encore!

C’est pour poursuivre et diversifier ma pêche que je me suis mis à la recherche d’un ensemble polyvalent brochet, silure et mer.

canne

Voilà une petite présentation de ce que j’ai choisi.OLYMPUS DIGITAL CAMERA           anneau départ

Pour la canne, Scott 9′ soie de 10, il faut bien ça si je veux m’attaquer aux gros moustachus.

La canne est sobre, bien finie, blanc gris avec un liseré argenté dans les ligatures.

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anneau

Rien d’extravagant mais c’est propre, soigné et sobre. Le liège de la poignée et excellent et le porte moulinet, lui aussi gris style métal est sobre mais traité mer donc résistant.pougnéeJPG

Pour ce qui est de l’action, c’est du rapide mais avec une réserve de puissance juste hallucinante. La soie s’arrache littéralement des doigt, même avec des stream d’une10aine de cm! Ça décoiffe!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Il fallait trouver un moulinet digne des compétences de la canne, et là le choix est cornélien.

J’ai fini par me décider sur le Scierra XDP+ 9/11. Un moulinet alu, traité pour la mer. Au delà de l’esthétique à mon goût moderne et bien assortie à la canne, c’est un moulinet qui semble largement satisfaire aux besoins de la pêche aux gros poissons.

moulinet 1

Le frein est précis et puissant, la réserve de backing est largement suffisant, j’ai mis 100m de 30 lbs et il reste beaucoup de place même avec la soie. Seul petit défaut, la molette de frein n’est pas très facile à manipuler en action de pêche…

moulinet

Il fallait donc trouver un peu de temps pour essayer tout ça, et c’est à côté d’Agen, au parc naturel de Passeligne-Pélissier que j’ai pu effectuer quelques tests. La pêche à proprement parler n’a pas été concluante, Aucun touche sur ce no-kill et beaucoup de pêcheurs, un temps chaud et un manque d’expérience du stream n’ont rien arrangé.

panneau

Par contre, j’ai été très satisfait de l’ensemble, des lancers faciles, 2h de pêche sans avoir mal au bras.

Pas mal de curieux qui n’ont pas l’habitude de voir un pêcheur au stream, un cadre agréable assez sauvage et sans doute des poissons, j’ai vu des chasses mais inaccessibles. Il y a de nombreuses berges impêchables.

paysage

Mais comme dans de nombreux parcours de ce type, la pression de pêche est assez importante, surtout au leurre donc les poissons doivent être éduqués. Donc pas de photos de poissons, mais cela sera pour bientôt j’espère.

A+++

De vieilles dames…

Tout a commencé par une envie de retourner à l’essentiel, au naturel. La pêche a la mouche est aujourd’hui un pratique hautement technologique, du carbone, du titane, du tungstène, des moulinets dignes des précisions de l’aéronautique, des soies et des mouches 100% synthétiques…

master (10)

J’ai donc commencé par chercher, me renseigner sur les cannes en refendu anciennes. Il en existe de toutes origines, de qualité variable mais la plupart de ces cannes sont longues et lourdes comparées aux refendus actuels. Malgré ce constat, il s’agit d’objets de grande qualité, fabriquées en grande partie à la main et qui font partie de l’histoire de la pêche à la mouche.

master (9)

Alors j’ai cherché, chiné, fouillé un peu partout, dans les brocantes et sur la toile. Se renseigner pour savoir ce qui existe encore, ce qui peu pêcher ou ce qui doit rester dans les placards. Il en existe tant, des canne d’origines diverses, japonaises, américaines, anglaises… Mais disons que c’est un peu pour le patrimoine, par la facilité d’en trouver, un peu par chauvinisme mais surtout pour leur qualité que j’ai cherché une Pezon et Michel.

master (20)

Quelques mois encore de recherches et puis je l’ai trouvée, ce fut une Master, réputée comme une bonne canne à mouche. Son état n’était pas irréprochable avec quelques anneaux en mauvais états mais je l’ai sans doute sauvée d’une destruction imminente.

De gracieuses écritures à l’encre de chine, une souplesse certaine sans être une queue de vache, des scions  biens rectilignes…

master(16)

Enfin, un peu de vernis, une ou deux ligatures refaites, un moulinet qui lui convienne et la voilà prête à reprendre du service.

Il ne faut pas se voiler la face, ces cannes vintage sont moins facile à apprivoiser en action de pêche que leurs descendantes mais prendre une truite avec une canne, une soie et une mouche des plus simples rend tout simplement heureux, encore un peu plus en accord avec la nature.

Dadou (3)

Un essaie réussi car bien d’autres suivront….

cannes

A bientôt