Petits voiliers sur l’eau…

J’avais prévu cet article quelques semaines avant l’ouverture, et puis il est resté en suspend, préférant monter quelques mouches de plus au cas ou pour le début de saison.

Alors cet après-midi là, quelques jours après la cohue, quand j’arrive au bord de la rivière pour la 1ère sortie de la saison et que je jette un œil vers le spot que je n’avais pas revu depuis plus de 6 mois, je les vois défiler.

Ils sont là, par dizaines, oh ce n’est pas l’éclosion du siècle mais c’est suffisant pour attirer les truites à la surface. Les gobages sont réguliers, bruyants dans une eau encore haute et froide.

Je noue un mètre de 14/100 à mon bas de ligne, un petit voilier gris et je file au milieu de la rivière, quelques seconde plus tard, premier gobage et première casse! Les fils avaient trop d’écart de diamètre, quel c….

Je refais mon bas de ligne avec un bout de 18/100 en plus est c’est repartit, et voilà la première de l’année. Quel plaisir de retrouver ces sensations, de sentir la soie glisser, comme l’eau sur laquelle s’envolent péniblement les insectes.artcle 1

Une deuxième suivra ainsi que 3 ou 4 décrochées.

 

Puis assez brutalement, le ciel se fait menaçant, et le grésil remplace rapidement la pluie, il faut se mettre à l’abri.  L’averse n’aura duré que 20min mais le spectacle est fini, le froid devient vif, la vapeur s’échappe de ma bouche et tout le monde à disparu.

article 2

Il ne me reste plus qu’à vous montrer le petit voilier tout simple qui marche en début de saison:

 

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Sur un hameçon de 14 ou 16, fil de montage gris, cerques en hackle gris, corps en quill de paon ébarbé olive et des ailes en cdc gris naturel assez fournies.

Pour la touche perso, et la flottaison haute, je rajoute un peu de lièvre twisté en avant de l’aile.

 

Bonne saison à tous.

Pour les décider à l’ouverture.

Ça y est, l’heure approche et comme tout les ans je suis “à la bourre” dans les montages… Il faut donc aller au plus  efficace pour les premiers rayons qui vont chauffer les bordures  des rivières.

Voilà l’objet de toute mon attention, posés sur les trocs d’arbres moussus par dizaines, ils volettent dès que le soleil les éclairent.

sedge st jean de jeanne

Voilà une petite fiche de montage de la façon dont j’essaie de l’imiter.

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Fixer le fil de montage et aller à la courbure

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Avec une pincée de dubbing vert, faire l’extrémité de l’abdomen,

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Faire une mèche de dubbing de lièvre clair et tourner pour former le corps

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Fixer les ailes avec deux plumes de cul de bécasse, bien recouvrir le corps en longueur.

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Fixée par la pointe une plume de cul de canard crème par la pointe et l’enrouler comme un hackle.

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Faire la tête et le nœud final

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Vernir et égaliser les fibres de cul de canard.

Mais pour les plus grandes rivières, j’aime bien adapter le grand classique, je monte une “boiteuse de March brown”. La flottaison basse et le côté inerte décide un peu plus facilement les truites un peu méfiantes quand l’éclosion n’est pas optimale.

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Fixer le fil de montage

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Fixer 4 ou 5 fibre de plumes de queue de faisan et former les cerques

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Fixer un fil de cuivre et former le corps avec des enroulements des fibres de faisan

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Cercler avec le cuivre

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Fixer une plume de cul de canard par la pointe

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Former les ailes “collées” au sac alaire en faisant une boucle avec la partie arrière de la plume et fixer par quelques enroulements de fil.

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Amener la soie devant les ailes et twister des poils de lièvre

MB9Enrouler les poils de lièvre en rabattant les ailes vers l’arrière, faire la tête en faisant de rabattant les poils de lièvre, faire le nœud final et vernir;

Et voilà, maintenant il ne reste plus qu’à attendre que, la pluie arrête de tomber, les eaux baissent, le temps se réchauffe un peu…

A bientôt

8 nuances de gris…

Je m’y vois déjà, les rayons les plus chauds de cette après-midi de mars percent les branches et transpercent l’eau claire de ce grand lisse. Les truites sont là et percent à peine le surface pour cueillir les petits éphémères gris sombre qui effleurent le miroir.

Dans ces conditions, il faut de la légèreté et de la finesse et jouer sur les nuances de gris.

Pour ces conditions précoces, je réalise un modèle basé sur du coq limousin gris et du CDC naturel et je décline le corps et l’abdomen en fonction des envies du moment.

Sur un hameçon de 14 ou 16 enrouler la soie de montage noire jusqu’à la courbure puis fixer les fibres de coq limousin gris

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Fixer le matériau pour réaliser le corps, tinsel argent, quill de paon naturel ébarbé, substitut de condor naturel.

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Recouvrir la hampe de soie de montage, arrêter de 1 à 2 mm avant l’œillet puis cercler avec le matériau choisi. Fixer une ou deux plumes de CDC gris naturel, pointe vers l’avant.

mouche 3

 

Pour faire les pattes, là aussi je change en fonction des envies, de l’oreille de chevreuil twistée, des poils de lapins sauvages twistés ou un hackle gris foncé. J’enroule à l’arrière du CDC.

mouches 4 bisJe fixe la dubbing loop en avant du CDC  et je fait la tête en rabattant l’ensemble vers l’arrière.

mouche 6Mouche fin

Il reste à bruler les fibres qui dépassent,  faire le nœud final, une goute de vernis.

 

mouches

Il est possible de combiner ces 8 matériaux de diverses façons mais quel que soit le modèle au bout de ma pointe dans 15 jours, je sais qu’il imite très bien ce petit éphémère discret de l’ouverture.

 

Pêcher l’eau.

Pour débuter les fiches de montage, je vais mettre en avant les 1ères sorties de la saison. Difficile de trouver des gobages aux mois de mars ou d’avril sur les rivières tarnaises que je fréquente. Il existe bien quelques spots mais ils sont très localisés.

Il faut prospecter, pêcher minutieusement l’eau et avoir une mouche qui donne envie aux truites de monter les voir.

Voilà donc deux mouches que j’utilise dans ces conditions particulières qui réservent parfois de belles surprises.

La première est une March Brown à corps détaché en chevreuil.

Enrouler rapidement la soie de montage autour de la hampe, bien recouvrir la courbure et revenir vers le milieu de la hampe.

mb debut

Fixer une petite touffe de poils de chevreuil en serrant progressivement et tailler les poils vers l’anneau. Elle doit dépasser largement pour faciliter la flottaison.

 

mbcorpschev

Utiliser la rotation de l’étau pour cercler le corps de soie de montage puis revenir au niveau de la hampe.

mb corps 0

Vernir légèrement l’ensemble pour ajouter de la solidité et recouvrir les poils avec la soie de montage; on peut même faire un nœud pour fixer le tout.

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Faire un boucle à dubbing et et twister une pincée de poils de lièvre de longueur variable, je laisse un peu de bourre pour ajouter en volume.

mb dubbing

Plaquer les poils de lièvre en arrière avec la soie de montage puis fixer les fibre de hackle de Pardo pour faire l’aile.

mb aile

Enfin, former la tête avec la soie de montage puis faire le nœud final et une goutte de vernis.

mb fini

 

La seconde est un sedge assez classique mais sur hameçon de 12sedge

 

Avec une soie de montage marron,  fixer la soie et recouvrir régulièrement la hampe jusqu’à la courbure.

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Faire une mèche de dubbing synthétique orange ou verte, ce “tag” peut parfois faire la différence… Et l’enrouler pour faire l’extrémité de l’abdomen.

 

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Fixer au milieu de la hampe une plume de Pardo ou de coq brun avec des fibres assez longues.

 

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Enrouler la plume de façon assez dense et la fixer côté de l’anneau de l’hameçon.

 

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Rabattre les fibres avec la soie de montage pour former des ailes denses

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Twister vers l’avant une pincée de poils de lièvre et faire la tête avec la soie de montage. Un nœud final, une goutte de vernis  et voilà un sedge insubmersible pour les courants et les bordures des ruisseaux.

 

 

Faut avoir du peau!!!

Le montage de mouche est un moment plaisant et important. Le plaisir de faire, avec quelques fibres de plumes ou de poils une imitation présentable et attractive procure une certaine fierté. Dans la majorité des cas, en ce qui me concerne, les truites prennent à peu près tout ce qui passe jusqu’au mois de juin. Sedges, Palmer, araignée, grosse imitation d’Ecdyo ou de mouche de mai dans les courants, “tout fait ventre” pour les truites.

Quoi qu’il en soit, pour varier les plaisir, j’aime bien changer de mouche régulièrement, tant au niveau de la pêche que du montage. Alors pour disposer d’une diversité de fibres, j’ai fait quelques tentatives de “tannage” des peaux en tout genre.

Alors le première étape est simple, il faut trouver un animal. Les chasseurs sont de bons fournisseurs de lapin et lièvre, parfois chevreuil ou cerf.

Ensuite, un peu de dissection. Suivre le schéma ci-dessous.

dissection

Normalement la peau vient seule, avec très peu de chair, parfois quelques vaisseaux sanguins. Une fois que vous êtes au schéma 2, couper autour des pattes, de l’anus, de la bouche et du museau. La queue peut être gardée entière puis  il ne reste plus que le dos (facile).

Quelques coups de ciseau pour enlever les parties intéressantes si besoin.

Il ne reste plus qu’à tendre au maximum la peau sur une planche à l’aide de clous, peau vers l’extérieur pour pouvoir saler avec du gros sel. Frotter un peu pour qu’il pénètre légèrement.

dessousVoilà une fois séchée ce que ça donne, très rigide et totalement sec après 15 jours. Là j’ai un peu forcé sur le sel… Je pense qu’en humidifiant et  grattant, on peut affiner le cuir et retrouver de la souplesse.

 

poils

Plus proche, on voit bien que les poils sont impeccable tant sur la solidité que la couleur, et il ne risque pas de se détacher de la peau.

peaux

Et voilà une partie de mon stock, y’a bien de quoi faire quelques bons milliers de mouches. J’adore le lapin gris en dubbing, le chevreuil pour des sedges et le lièvre pour tous les montages!!!

 

 

 

 

Meuble de montage

On commence par  monter maladroitement une mouche, histoire de dire “je vais prendre une truite avec une mouche que J’AI faite”. On se sert d’un serre joint comme étau, de “vieilles” plumes piquées au hasard à un pauvre coq de basse-cours qui n’avait rien demandé et on enroule maladroitement le fil à coudre avec les doigts.

Puis, on monte sur la table du salon, ou sur le bureau de travail, on met des fibres et des bouts de fil partout, mon clavier en est plein. Ça devient vite passionnant, mais pour faire des éphémères, des plécoptères, des sedges, des stades larvaires, émergents, imago et spent. Je me suis finalement retrouvé avec une grande boite à outils pleine de plumes, de poils de fil et de fibres en tout genre. On aurait dit un concentré de l’atelier des costumes des cabarets de Paris…

Alors il fallait un petit coin, facile à organiser et fonctionnel pour tout ranger. L’idée de base est simple, un pupitre d’écolier chiné dans une brocante.

A partir de là, refaire la même base, mais le plateau doit être plat pour poser l’étau, et faire quelques étagères derrière.

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16 pièces de bois,une charnière fine, un peu de colle à bois et quelques vis et enfin pour l’esthétique des chevilles pour mettre les bobines.

Il y a largement la place pour rager les matériaux à l’intérieur, les petites bricoles et les outils sur les étagères et enfin l’étau ne quitte plus le plateau. Plus besoin de tout sortir pour se mettre à monter et de tout ranger ensuite. Les livres de montage ou l’ordinateur on leur place pour faciliter le montage.

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Non je ne monte pas mieux qu’avant, pas plus vite non plus… Mais c’est vraiment un accessoire me permet de monter bien plus souvent.

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Enfin; le seul secret dans la fabrication, il en faut bien un… C’est en fait un combi-multifonction de menuisier qui permet de travailler facilement le bois.

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